Vous connaissez peut-être Aoste, de nom. Vous avez aperçu des panneaux indiquant cette ville en vous rendant en Italie depuis la Suisse ou la France. Mais est-ce que vous saviez qu’Aoste n’est pas seulement une ville mais toute une vallée? Une vallée intimiste, riche culturellement, historiquement, naturellement et gastronomiquement.
Il y a quelques semaines encore, ma connaissance de la Vallée d’Aoste était nulle, presque inexistante. C’est alors que j’ai été invitée en voyage de presse à la découverte de cette destination. J’y suis allée sans aucunes attentes et j’en suis revenue conquise. J’espère qu’à travers cet article, vous ressentirez mon enthousiasme pour la Vallée d’Aoste.
Se rendre à la Vallée d’Aoste
Depuis la Suisse, le moyen le plus facile de se rendre à la Vallée d’Aoste est en voiture. Depuis Martigny en Valais, il est possible d’emprunter le tunnel du Grand-Saint-Bernard en 1h25 (le tarif est de 31 CHF/€ pour un aller et de 50 CHF/€ pour l’aller-retour) ou le col du Grand-Saint-Bernard en 1h35 de route.
Pour le col, il est généralement ouvert de mi-juin à mi-octobre, selon les conditions d’enneigement. Le passage est gratuit. Lors de mon passage, le 12 juin 2025, le col venait d’ouvrir et le lac offrait de magnifiques couleurs.


Si vous n’avez pas la possibilité ou l’envie d’y aller en voiture, il y a quelques alternatives:
- La première est de prendre un bus depuis Martigny. Il y en a un chaque jour du lundi au vendredi. Le bus B211 part de Martigny à 8h30 et rejoint Aoste en moins de deux heures. Pour le retour, départ à 16h15 de Aoste. Comptez CHF 66.- en plein tarif et CHF 33.- avec le demi-tarif pour l’aller-retour.
- Il y a aussi un bus Flixbus qui rallie Berne à Aoste chaque jour en trois heures de route. Le départ est à 5h45 et c’est un trajet direct. Depuis Lausanne, le départ se fait à 17h20 et le bus fait plusieurs stops à Genève, Chamonix et Courmayeur avant d’arriver à Aoste à 21h40.
- Concernant le train, c’est plutôt fastidieux depuis la Suisse. Il est nécessaire de se rendre à Milan (2h30 jusqu’à Aoste) ou Turin (2h jusqu’à Aoste). Une partie du tronçon est en travaux jusqu’à fin 2026 et il faut prendre un bus de remplacement.
Jour 1: Découverte de Valpelline et soirée à Alpe Rebelle
J’ai retrouvé mes collègues de ce voyage de presse à la Vallée d’Aoste aux alentours de 11h00 à la gare de Martigny. Notre chauffeur nous attendait et nous avons directement pris la route en direction de cette mystérieuse vallée dont je ne connaissais pas grand chose. Nous sommes passés par le col du Grand-Saint-Bernard, qui avait ouvert quelques jours auparavant. Le lac au sommet du col (2’469m d’altitude) était encore partiellement gelé et cela offrait de belles nuances de bleu.
Repas à la Maison de Franco à Valpelline
Après un peu plus de 2h de route depuis Martigny, nous avons fait nos premiers pas en terre valdôtaine pour manger dans un restaurant typique. Bienvenue à la Maison de Franco à Valpelline! Il s’agit d’un établissement chaleureux, qui propose quelques chambres ainsi qu’une belle salle de restaurant.
On a commencé notre dégustation de produits du terroir avec une splendide planche (tagliere alla valdostana) proposant tous les produits phares de la Vallée d’Aoste: jambon de Bosses, Fontina, lard blanc, miel et châtaignes. Pour la suite, nous avons goûté les gnocchis à la fondue de bleu d’Aoste puis le semifreddo « au pan ner ». Le tout accompagné d’un verre de pinot gris de la région.





Visite du musée de la Fontina
C’est le ventre plein que nous nous sommes rendus au musée de la Fontina à Valpelline. Si vous ne savez pas ce qu’est la Fontina, je vous rassure, je ne le savais pas non plus avant d’arriver à la Vallée d’Aoste. La Fontina AOP est un fromage typique du Val d’Aoste. Elle est produite à partir de lait de vache entier et sa pâte est mi-dure. La capacité de stockage de cette ancienne mine est de 60’000 meules, c’est très impressionnant à voir.



Accrobranche, repas et nuit à Alpe Rebelle à Bionaz
Depuis Valpelline, nous avons pris la route pour Bionaz, à environ 30 minutes de là, où nous avons posé nos bagages au restaurant et chambres d’hôte Alpe Rebelle. Il s’agit d’un établissement familial, tenu par Daniele et sa famille, qui a à coeur de préserver et respecter la montagne.
En plus du restaurant et des chambres, Alpe Rebelle propose aussi un parc d’aventure d’accrobranche. Ca faisait des années que je ne m’étais pas adonnée à cette activité, j’ai choisi un parcours d’environ une heure pour me remettre en jambes. C’était moins facile que dans mes souvenirs mais je m’en suis sortie grâce aux conseils des moniteurs.



Pour le repas du soir, on a débuté avec un mélange d’antipastis locaux: salade de bettes et pommes de terre, lard de Bosses, châtaignes et miel, flan de chou violet avec fondue de Bleu d’Aoste et polenta. C’était parfait pour goûter à différents mets de la cuisine de la Vallée d’Aoste. Ensuite, j’ai choisi la crespelle alla valdostana, qui est une crêpe garnie avec beaucoup de fromage et de jambon. Un bon plat réconfortant de montagne!



Jour 2: Balade au lac de Place Moulin et soirée à Aymavilles
Balade en e-bike au lac de Place Moulin
Je me suis réveillée avec quelques courbatures de mon aventures dans les arbres de la veille, mais cette journée s’annonçait sportive aussi! Depuis Bionaz, on est allés au barrage de Place Moulin à 15 minutes en voiture. On a troqué la voiture pour des vélos électriques, et avec notre guide, on a pédalé jusqu’au refuge de Prarayer à environ 5 kilomètres en longeant le lac. La balade est très sympa à faire, la couleur de l’eau du lac de Place Moulin est bleue turquoise et on croise une multitude de cascades, c’était parfait pour se rafraichir.



Arrivés au refuge de Prarayer, le panorama est d’autant plus grandiose. On peut observer l’ensemble du lac mais aussi d’imposantes montagnes. D’ailleurs, j’ai été surprise d’apprendre que derrière les montagnes que l’on aperçoit depuis le refuge se cache le Cervin, rien que ça! Le paysage est digne d’une carte postale, j’en ai profité pour faire voler mon drone afin de prendre quelques clichés uniques.






Ces quelques kilomètres de vélo sous une chaleur écrasante nous ayant donné faim, on s’est mis à table. Le refuge de Prarayer est hyper convivial et offre de bons plats locaux, dans un cadre splendide. On ne change pas les bonnes habitudes, on a commencé par une mise en bouche avec de la charcuterie valdôtaine et de la Fontina bien sûr! Pour le plat de résistance, j’ai choisi la polenta boscaiola, qui est recouverte d’une sauce tomate aux champignons.




Détente et gastronomie à Aymavilles
Après une première partie de journée sous le signe de l’effort, place à la détente. Nous nous sommes déplacés vers une autre partie de la Vallée d’Aoste, à environ une heure de route plus au sud, pour rejoindre le village d’Aymavilles. On s’est installés à l’hôtel Rendez-Vous où on a pu profiter de son petit spa et de sa vue splendide sur la vallée.


Après un passage rafraîchissant dans le jacuzzi, nous avons rencontré Alessia, une « Cesarine » qui invite chez elle les personnes qui souhaitent découvrir la gastronomie locale. Alessia travaille dans un supermarché à Aoste, organise des cours de cuisine et s’occupe de la vigne également, c’était une très belle rencontre.
C’est dans une petite dépendance dans les vignes que l’on a retrouvée, elle a commencé par nous montrer comment préparer un plat typique de la Vallée d’Aoste: la soupe à la Vapelenentse. C’est une « soupe » à base de Fontina (fromage), de pain sec, de choux, de bouillon de légumes et d’épices.
Une fois la soupe enfournée, on a commencé notre festin valdôtain dans une jolie petite cabane au milieu des vignes avec une vue à couper le souffle sur la vallée et un magnifique coucher de soleil. Après un apéritif riche, on a gouté à cette fameuse soupe à la Vapelenentse et c’était délicieux! J’avais peur que cela soit lourd avec la quantité de fromage et la chaleur, mais c’était très bien équilibré. Je trouve que ça ressemblait à une croûte au fromage plus qu’à une soupe. On a passé un moment authentique et inoubliable.






Jour 3: Visite d’Aoste et retour en Suisse
Découvrir la ville d’Aoste
Pour terminer de la plus belle de façon notre séjour, nous avons visité la ville d’Aoste, chef-lieu de la vallée du même nom. Cette ville de 35’000 habitants a été construite en 25 avant J.-C. par les Romains pendant le règne de l’empereur Augustus. La ville se nommait Augusta et est donc devenue Aosta. On trouve beaucoup de vestiges romains à Aoste, j’étais très étonnée. Je ne connaissais pas du tout cette ville mais je ne m’étais pas imaginée qu’une ville des Alpes avait pu être érigée par les Romains.
Nous avons commencé notre visite par l’Arc d’Auguste avant de pénétrer dans la vieille ville. Les monuments que j’ai préférés sont le cryptoportique du forum romain, sous la ville. C’est une structure à deux nefs, articulée sur trois côtés et longue de 73 mètres, ainsi que le complexe religieux de Saint Ours. J’ai adoré sa collégiale et son cloître, mais surtout la chapelle du prieuré de Saint Ours et ses fresques de la fin du XVe siècle qui sont splendides.









Où manger à Aoste?
Nous avons terminé notre séjour en Vallée d’Aoste dans un restaurant familial typique qui perpétue la tradition depuis 1957! Bienvenue à l’Osteria Da Nando, en vieille ville d’Aoste. On s’est installés sur une petite terrasse devant leur devanture pleine de charme. Pour débuter, mon choix s’est porté sur une salade de printemps avec des asperges et oeufs de caille. J’ai ensuite dégusté des raviolis à la Fontina et au chou qui étaient absolument divins. Une belle adresse à enregistrer.



Maison et jardin des anciens remèdes
Avant de reprendre la route pour Martigny en Suisse, nous avons fait une dernière étape à la Maison des Anciens Remèdes à Jovencan, juste à côté d’Aoste. Ce musée retrace de manière ludique et interactive l’histoire des plantes et de leur utilisation et des anciens remèdes naturels. La maison est ouverte les samedis et dimanches de 15h à 19h et la semaine sur réservation. Le tarif est de 6€ pour les adultes et gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.



Pour conclure
Comme écrit lors de l’introduction, je connaissais peu voire pas du tout la Vallée d’Aoste. J’y étais déjà passée plusieurs fois en rejoignant d’autres régions en Italie depuis la Suisse mais je m’y étais jamais arrêtée. Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise! Que ce soit pour la gastronomie, l’histoire, la culture ou la nature.
Je ne savais pas que l’on parlais français dans cette région d’Italie. Les écoliers ont autant d’heures de français que d’italien, et ces deux langues sont langues officielles, bien que la langue traditionnelle soit le francoprovençal.
Je n’ai qu’une chose à ajouter, partez à la découverte de la Vallée d’Aoste, vous ne le regretterez pas!
Merci à la Vallée d’Aoste et à l’agence Gretz Communications AG pour la confiance.